Monet cinétique
De l’effleurement chromatique à « la métaphysique du flirt »
A l’occasion de sa 8e participation à Art Paris, la Galerie Wagner présente un solo show de l’artiste Julie Navarro, artiste pluridisciplinaire qui propose une relecture de l’œuvre de Claude Monet à l’occasion du centenaire de sa mort.
L’idée n’est pas de rendre hommage à l’artiste à travers une pâle copie des Nymphéas version moustiquaire, mais bien de révéler la contemporanéité de son œuvre — l’évanescence du réel en mouvement — par les liens qui unissent l’artiste à son maître.
De fait, comme Claude Monet, Julie Navarro entretient un rapport obsessionnel avec les jeux de lumière et les mouvements légers des éléments de la nature qui se reflètent dans l’eau. Claude Monet étant non seulement le maître de l’impressionnisme, mais aussi sans doute le premier artiste cinétique !
Leur palette de couleurs se rencontre autour de nuances irisées, à la matérialité labile et diaphane, totalement contemporaines chez Navarro, très attentive à l’énergie du vivant, à ses flux connectés, à ses circulations humaines et non humaines, à la marge du visible. Comme lui, elle aimerait peindre comme l’oiseau chante : « l’enveloppe des choses, les sensations de brume, de dissolution, d’ondulations vibratoires », ce qui est immatériel par excellence.
À travers ce solo-show, il s’agit de présenter un panorama fragmentaire immersif, composé de peintures-écrans lumineuses, dont l’ensemble crée une unité visuelle en mouvement. Le projet consiste en la création d’œuvres — peintes sur voile in situ, imprégnées du paysage des tourbières de la Creuse —, dont l’effet perceptif dans l’espace renverse le réel, tel un miroir d’eau sur le monde vivant contemporain.
Art Paris – Grand Palais – Galerie Wagner – Stand F1
A noter : Julie Navarro est doublement sélectionnée pour le parcours thématique d’Art Paris 2026 “Babel – Art et langage en France” du commissaire invité Loïc Le Gall, et pour le Prix BNP Paribas Banque Privée – Un regard sur la scène française 2026.
“La pratique de Julie Navarro interroge la manière dont les images contemporaines se construisent à partir de systèmes invisibles. À travers la peinture, elle s’empare du pixel — unité fondamentale de l’image numérique — non comme motif décoratif, mais comme une véritable forme de langage. Son travail explore ce moment où l’image cesse d’être surface pour devenir structure mobile et évanescente. Les œuvres se composent de micro-unités répétées, organisées selon des logiques proches du calcul — de l’addition à la soustraction de couleurs superposées sur tulle de danse.
À distance, elles produisent des paysages instables, vaporeux, presque atmosphériques ; de près, elles se fragmentent en une multitude de points ou espaces vides, révélant la discontinuité qui fonde l’image numérique — plus précisément l’image-écran. Cette tension rejoint les analyses de Vilém Flusser, pour qui les images techniques sont constituées d’éléments codés, relevant d’un nouvel alphabet visuel à apprendre à lire. Chez Navarro, le pixel fonctionne comme un signe minimal, comparable à une lettre, ou à un idéogramme, ou une notation chorégraphique. Cette approche fait écho aux réflexions de Lev Manovich, qui décrit le numérique comme un langage culturel structuré par la base de données, la répétition et la modularité. La peinture devient alors un espace de traduction : elle ralentit le flux numérique et rend perceptible ce qui, habituellement, reste abstrait. En réinscrivant ces logiques dans la matérialité du geste pictural Julie Navarro introduit un décalage critique. Le pixel, souvent associé à la fluidité et à l’instantanéité, retrouve une épaisseur, une durée. L’image n’est plus seulement vue, elle est lue. Son travail révèle ainsi que le numérique n’a pas remplacé le langage, mais en a produit une nouvelle grammaire — silencieuse, calculée, omniprésente.”
Loïc Le Gall,
Commissaire invité par Art Paris Art Fair 2026
Prix BNP Paribas Banque Privée. Un regard sur la scène française
Le Prix BNP Paribas Banque Privée. Un regard sur la scène française, lancé en 2024 par BNP Paribas Banque Privée et Art Paris, récompense le parcours d’un artiste vivant de la scène artistique française. Pour sa 3e édition, ce prix d’une dotation de 40 000 euros sera attribué à l’un des artistes du parcours dédié à la scène française imaginé par Loïc le Gall pour Art Paris et intitulé Babel – Art et langage en France.
Informations pratiques :
ART PARIS 2026
09 – 12 AVRIL
GRAND PALAIS, 28e édition
7 avenue Winston Churchill
75008 Paris
Horaires
Ouverture au public :
Jeudi 9 avril 2026 : 12:00 – 20:00
Vendredi 10 avril 2026 : 12:00 – 20:00
Samedi 11 avril 2026 : 12:00 – 20:00
Dimanche 12 avril 2026 : 12:00 – 19:00
Vernissage pour les porteurs des badges VIP & Prestige :
Mercredi 8 avril 2026 (sur invitation) : 11:00 – 21:00
Préouvertures quotidiennes pour les porteurs des badges VIP, Prestige et Daily Preview
Les matinées du jeudi 9 au dimanche 12 avril : 10:00 – 12:00
